Assemblée parlementaire de l’OTAN

Ce weekend je participe pour la Belgique à la 64ème session annuelle de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN qui se tient à Halifax, au Canada.

L’objectif de cette Assemblée est de renforcer les liens entre les parlementaires des différents Etats-membres de l’Alliance en abordant des questions sociales, culturelles, politiques et économiques et bien évidemment militaires et de sécurité à l’heure où le multilatéralisme est largement remis en question par les forces conservatrices.

Cette session réunira ainsi des parlementaires de 29 pays membres de l’OTAN, ainsi que des délégués de pays partenaires et des observateurs, afin de débattre de questions de sécurité internationale concernant l’OTAN.

Les sujets à l’ordre du jour ne manqueront pas dans le contexte mondial que nous connaissons : le Grand Nord, la guerre hybride, le partage des charges, la dissuasion, le domaine spatial, le Sud, l’innovation en matière de défense et l’ingérence électorale russe seront notamment abordés.

Pour ma part, j’ai la très ferme intention de mettre à l’ordre du jour deux thèmes principaux et transversaux :

 

  • D’une part, je suis convaincu que la meilleure arme contre l’insécurité est de lutter résolument contre les inégalités et discriminations sociales tant au sein de nos pays qu’à l’échelle internationale. Je rappellerai avec insistance que la solution budgétaire en ce qui concerne la Défense et singulièrement pour un pays comme la Belgique se doit d’être résolument européenne à l’heure où tous les budgets sont sous pression. Il ne serait pas envisageable, en contrepartie, de diminuer le budget des programmes d’investissements, de lutte contre le réchauffement climatique, de cohésion ou sociaux par exemple. Si l’Europe a pu devenir un exemple de paix nobelisé après avoir été à l’origine des deux Guerres Mondiales, c’est aussi car nous avons investi massivement dans nos systèmes de sécurité sociale et dans des standards et stabilisateurs sociaux élevés et contraignants. Ces acquis ne peuvent pas être mis en péril par le « tout au sécuritaire » car il s’agirait d’une solution à court terme qui, sur le long terme, pourrait développer de nouvelles menaces. Nous ne devons jamais oublier cet équilibre fragile dans nos pays mais aussi dans notre action internationale afin de développer une approche résolument globale impliquant certes la Défense  lorsque cela s’avère indispensable et dans un cadre onusien – mais aussi et surtout la diplomatie et le Développement.

 

  • D’autre part, je rappellerai l’importance de l’émergence d’une véritable Europe de la Défense, thème que je porte depuis de nombreuses années. La décision récente et contestable du gouvernement belge de choisir un avion de chasse américain pour remplacer les F-16 actuels fera date et aura des conséquences pour des dizaines d’années qui dépasseront la Défense notamment en termes budgétaires mais aussi d’autonomie stratégique. Ce n’est pas parce que je critique cette décision majeure et l’absence de critères européens dans les marchés passés au niveau de la Défense belge que je suis contre l’OTAN. Au contraire. Je plaide pour une approche constructive et complémentaire entre l’UE et l’OTAN. La voix et les positions de l’Union européenne doivent être renforcées au sein de l’OTAN dont le rôle a également changé. La PESCO – coopération structurée permanente au niveau européen en matière de Défense – offre ainsi une opportunité unique. Unique cela veut certes dire historique mais aussi et surtout que nous n’avons qu’une chance pour la saisir. La Belgique doit se montrer à la hauteur de cette opportunité en posant des actes concrets et fondateurs d’une Défense réellement européenne tant sur les plans humains, stratégiques qu’industriels.

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